Randonnée en jupe

02 Avr 2020 17:50 - 02 Avr 2020 22:04 #1 par JMichelSud
Randonnée en jupe a été créé par JMichelSud
Il y a bientôt deux ans j'ai organisé une randonnée à Aubazines (Corrèze). J'ai été accompagné par 17 personnes.
Y allant en jupe, j'en ai avisé les accompagnants afin qu'ils ne soit pas surpris ou choqué tout en leur demandant s'il y avait des opposants.
Il n'y avait pas d'opposant dont deux hommes m'ayant répondu que ça ne les dérangeait pas mais qu'ils ne se verraient pas eux-mêmes en jupe.
A ces deux j'ai envoyé un message facebook leur demandant pourquoi ils ne se voyaient pas en jupe. Seul un m'a répondu parce que ça ne l'intéressait pas. Je lui ai demandé pourquoi ça ne l'intéressait pas. Je n'ai pas eu de réponse.
Au cours de la randonnée, seul un jeune homme m'a demandé pourquoi je portais la jupe. Je lui ai répondu "parce que les femmes portent le pantalon".
Maintenant, je ne préviens plus lorsque je pars en rando avec des gens que je ne connais pas. Libres à eux de penser ce qu'il ont envie. Je suis un homme libre et je profite de ma liberté comme m'a dit une dame lors d'une rando du Tour du Cantal Pédestre, et aussi que les hommes tenaient beaucoup à leur braguette.

Avant que je me décide à porter la jupe, j'ai envoyé un message facebook à un de mes voisins pour l'informer que s'il me voyait en jupe, ce serait normal, c'est la nouvelle mode en lui joignant un lien, peut-être La jupe pour homme peut-elle être à la mode ? , je ne sais plus.
Il ma répondu par un pouce qui pour moi veux tout et rien dire : j'ai compris, je suis d'accord, etc....
Je lui répond en lui joignant Et si les hommes n'avaient plus peur de s'habiller comme les femmes ? - Le Parisien Il m'a répondu : ça ne m'intéresse pas, "chacun fait ce qu'il veut" qui est pour certains la définition du pouce. Je n'ai pas insisté. Pour moi, son pouce voulait dire qu'il était d'accord pour la nouvelle mode.

Ça fait trop longtemps que les hommes portent le pantalon, ce n'est pas du jour au lendemain qu'ils oseront porter la jupe, même jamais parce qu'il n'ont pas envie d'essayer. Seuls rares quelques uns, ouverts d'esprit, osent ou oseront sans pour cela adhérer à l'association. Je ne me fais pas d'illusion sur nos convictions de plus qu'il existe sur la toile plusieurs articles relatifs au port de la jupe par les hommes, ce qui devraient faire ouvrir les esprits.

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05 Avr 2020 10:23 #2 par Mino
Réponse de Mino sur le sujet Randonnée en jupe
Durant les 1ers pas en jupe, l'on a tendance à être très dépendant des autres: savoir ce qu'en pensent ceux que l'on croise ou qui nous entourent, essayer de les convaincre en évoquant le sujet. Les pièges sont que l'on a ainsi tendance à faire penser que l'on ne vit pas si bien que cela le port de la jupe, pas naturellement, et que cela peut parfois être considéré comme du prosélytisme.
Ainsi, afin de me présenter en jupe devant mes amis de longue date et de leur révéler ce vêtement comme partie intégrante de ma garde-robe, j'avais invité ces derniers de "genre" masculin à venir chez nous, à l'occasion du réveillon de la Saint-sylvestre, en jupe. Un seul sur 4 avait joué le jeu, mais se trouvait ridicule, considérant que cela ne lui allait pas.
Aujourd'hui, je ne reproduirais pas cette action si je devais révéler à mon entourage mes goûts vestimentaires. J'agirais en portant les vêtements que je veux au quotidien, sans demander leur avis, et sans engager la conversation. Quoi de plus convaincant d'affirmer sa personnalité dans sa vie de tous les jours, le plus naturellement du monde, en étant détaché du regard des autres, en paix avec soi-même? Défendre des idées, les revendiquer si le sujet est posé par autrui, d'accord, mais sans plus: il est pertinent de présenter notre façon de voir le monde quand le sujet s'y prête, sans plus. 

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05 Avr 2020 12:54 #3 par Fabm91
Réponse de Fabm91 sur le sujet Randonnée en jupe
Hello les confinés,
Je suis tout à fait du même avis que toi Dominique, il faut éviter de faire du prosélytisme même inconscient. En outre voir quelqu'un porter la jupe régulièrement dans la rue peut amener certains à se poser la fameuse question : "Et pourquoi pas au fond ?" qui est le début prometteur d'une longue réflexion individuelle qu'il ne faut surtout pas forcer de l'extérieur.
S'adresser trop brutalement à des inconnus pour leur faire la promotion de la jupe au masculin va nécessairement déclencher des réflexes de rejet tels que ceux que l'on aurait naturellement face à des témoins de Jéhovah un peu trop collants, ou des VRP en quête de réaliser leurs objectifs de vente du mois.

Cependant, il peut être positif , dans un contexte tel que celui décrit par JMichelSud, qui est une réunion de personnes d'horizons différents, dans un cadre amical et favorable à l'ouverture d'esprit, de susciter la discussion sur le sujet pour amener les gens à dire ce qu'ils en pensent et en discuter entre eux, mais si possible en intervenant au minimum.
Il y aura forcément des arguments contres, des gens pour, etc. Si on nous demande pourquoi on le fait alors évidemment il faut répondre mais ne pas essayer de convaincre en disant c'est génial la jupe, c'est l'avenir de l'homme, etc.  L'intérêt je pense, est que les opposants constateront d'eux-mêmes que leurs arguments ne tiennent pas, et que finalement dans le groupe il y aura immanquablement des gens qui penseront au contraire que c'est une bonne idée (même s'ils ne sont pas prêts à le faire eux-mêmes). 
Cela pourra remettre en cause leur propres certitudes dont l'une, majeure, est de penser que la grande majorité trouve cela ridicule.
Une fois cette première barrière tombée, la porte est ouverte vers l'étape que je décrivait précédemment (et pourquoi pas ?). 
Mais tout cela est une longue réflexion personnelle qui peut prendre des années.

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06 Avr 2020 12:37 - 06 Avr 2020 12:45 #4 par JMichelSud
Réponse de JMichelSud sur le sujet Randonnée en jupe
Bonjour.
J'ai assisté à un conférence, je ne dirais pas avec qui pour ne pas faire de politique mais on m'a photographié avec le conférencier et des participants.
Au cours du buffet, un jeune homme m'a demandé pourquoi je portais une jupe, ce dont j'ai expliqué.
Né après les années 70, si les femmes en pantalon ne le choquent pas, le port de la jupe par une femme est la féminité lui répondis-je.
Il est allé jusqu'à me dire qu'en portant une jupe, je faisais à la limite de la provocation. Pas plus provoquant qu'une femme en minijupe qui n'en est pas - oui pour lui - , les femmes s'habillent en minijupe parce ça leur plait de s'habiller comme ça, pas pour provoquer lui répondis-je.
Un peu plus tard, j'ai rapporté à deux Dames dont une me connaissait déjà et une autre appréciant bien ma tenue. La Dame qui me connaissait m'a dit que mon port de jupe était de la provocation pour engager un conversation ce que j'ai déjà entendu.

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06 Avr 2020 16:05 #5 par Fabm91
Réponse de Fabm91 sur le sujet Randonnée en jupe
L'histoire de la provocation n'est pas nouvelle, et à même toujours existé.
C'est avant tout une question de culture et d'habitudes.
Le seuil de provocation sera très différent pour un musulman strict habitant une région où les femmes ne sortent que rarement et toujours intégralement voilées, d'un californien habitué à voir défiler quotidiennement de pulpeuses blondes en string le long des plages...
Il n'y à qu'un seul remède à cela : la tolérance; Mais aussi le respect et la mesure qu'on doit apporter à notre tenue en fonction de l'endroit où on se trouve. Porter la jupe (et même la mini-jupe) ne pas pas être considéré comme une provocation en France, à part peut-être lors de certains événements, ou en certains lieux précis (notamment dans des lieux de culte ou lors de cérémonies religieuses par exemple).
Mais dans la rue, dans un parc, ou lors d'évênements publics à caractère laïque, je ne voit pas comment on pourrait accuser un homme portant une jupe de provocation.
Cela ira nécessairement à l'encontre des préjugés de certains, il faut en être conscient. 
Fort heureusement, en France, nous avons tous le droit à la liberté de penser !
Cela doit plutôt être l'occasion d'engager le débat et d'essayer de placer l'interlocuteur face à ses contradictions.Mais il faut rester calme et courtois, même s'il se montre agressif. Lui témoigner de l'agressivité risquerait en effet de le conforter dans son idée que nous cherchons à le provoquer..

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10 Avr 2020 21:55 #6 par JMichelSud
Réponse de JMichelSud sur le sujet Randonnée en jupe
Bonjour.
Pour l'ouverture d'esprit, je ne me fais pas d'illusion. c'est pas demain la veille. On l'a, ou on ne l'a pas, que ce soit homme ou femme.
J'ai eu un échange sur messenger de facebook avec une femme, elle n'a pas compris que les hommes, moi en particulier étant le seul à porter la jupe à Aurillac, que j'avais la même liberté et les mêmes droits vestimentaires que les femmes. Elle m'a bloqué après lui avoir envoyé le lien de Joué-les-Tours.

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13 Avr 2020 10:44 - 20 Avr 2020 18:41 #7 par Mino
Réponse de Mino sur le sujet Randonnée en jupe
Nous vivons dans une période de réaction (c'est-à-dire de retour aux valeurs anciennes): la révolution féminine est acceptée par une grande majorité des Occidentaux, considérant comme un droit fondamental le fait que les femmes s'habillent comme elles veulent, car leurs pratiques vestimentaires répondraient à leur nature, à ce qu'elles seraient au plus profond d'elles-mêmes (sensibles, sensuelles, fécondables). Leur liberté vestimentaire, aux yeux du grand public, est légitimée par ce qui n'est en fait qu'un déterminisme naturel dénué de véritable réflexion sur l'identité sexuelle, sur la part du naturel et du culturel. Nous, hommes en jupe, qui vivons avec nos aspirations vestimentaires depuis des années au quotidien, sommes habitués à discerner les parts respectives du naturel et du culturel, savons que le vêtement relève du culturel. Mais le commun des mortels ne veut pas réfléchir à ce sujet, se rassure même en n’y réfléchissant pas. Les femmes libérées veulent des hommes, des « vrais », qui répondent à leurs représentations du masculin (la force, la puissance, insensibilité, la constance, le désintérêt pour les soi-disant futilités comme le tissu), qui les dominent sexuellement, des « mecs ».
Les hommes veulent se prouver et prouver au monde qu’ils sont des vrais hommes, sont persuadés que les habitudes vestimentaires inculquées par les parents et la société sont des plus fondées, afin d’éviter le risque de désagrégation de leur construction masculine (qui n’est en fait, pour eux, que leur « être » masculin, c’est-à-dire ce que la nature leur a donné).Les parents refusent tout écart vestimentaire pour leurs garçons,
par peur d’en faire des homosexuel ou un trans(genre ou sexuel).Bref, remettre en question le genre et le vêtement engendre la peur de l’inconnu, d’une confusion des sexes, d’une désagrégation du masculin, d’un effondrement du pilier social que représente les hommes, et donc de la société dépourvue de repères. Si bien que la plupart des personnes sont intolérantes à ce sujet, réagissant par égoïsme. La femme qui t’a interdit son accès à Face Book, JMSUD, est très révélatrice de son refus d’évolution du genre masculin, car l’homme doit la rassurer. Or, toi, tu ne la rassures pas à double titre : « féminisé » (d’après elle), tu perdrais ta force mentale et physique, ton rôle de défenseur du couple et de la famille, et en empiétant sur les attributs féminins, tu casses tous les repères, source d’angoisse face à l’inconnu pour elle, face à son identité de femme même .Que dire de la brutalité d’une telle mesure consistant à faire disparaître quelqu’un de son monde :méchanceté, autoritarisme, refus de réflexion de débat, peur,nihilisme de la différences ont beaucoup de négations du genre humain, de facteurs de régression humaine. C’est affligeant quant à l’absence de confiance que cette personne a en toi, JMSUD, et en l’autre que l’on peut avoir à notre époque. Le confinement cérébral, intellectuel, ne date pas de la mi-mars...  D’ailleurs,  il existe une superbe hypocrisie sociale concernant la sémantique
attachée depuis quelques années, depuis en fait les études de Judith Butler sur le genre, aux identifications du masculin et du féminin : les médias évoquent non plus les personnes de sexe
masculin ou féminin, mais de genre masculin ou féminin, sous-entendant que la construction culturelle prédomine sur le naturel dans l’établissement de chacun d’entre nous, et donc qu’il faut être ouvert aux personnes adoptant les attributs du sexe opposé (notamment les transgenres et transsexuels). Or, le degré d’acceptation de la société vis-à-vis des dissidents des identités sexuelles préformatées est très faible : l’on ne voit jamais les transgenres, transsexuels, et encore moins d’hommes en jupe dans les lieux publics,par peur de rejet exprimé plus ou moins violemment.  A une époque où le rejet de toute forme de discrimination semble pourtant être une idée phare des sociétés occidentales,seules les personnes averties (concernées, sociologues) semblent vraiment tolérantes. Combien de fois ai-je constaté des formes de discrimination à mon égard consistant à m’éviter du regard dans la rue, à fermer le visage (qui se tend, dénué de sourire), à éviter d’engager la conversation (surtout dans une commune périurbaine, très conformiste, où le groupe d’amis a une importance fondamentale, devant partager les mêmes idées, les mêmes centres d’intérêt, pratiques, du quotidien, superficiels, comme entretenir son jardin, laver sa voiture,se distraire, se rassure par son conformisme) ? Si bien que je ne me fait pas d’illusion sur la capacité de changement de l’espèce humaine dans un contexte de réaction. Je vis sans souci de convaincre grand monde. Etre bien dans sa peau, dans ses vêtements, être libre mentalement, intellectuellement et vestimentairement, être cohérent dans ses idées et ses actes, sont mes principes et, en ce qui me concerne, la meilleure façon de convaincre : un « soft power » en quelque sorte. On ne peut pas plaire à tout le monde, et il faut savoir assumer le soi-disant scandale, comme en avaient conscience les 1ères féministes.   Fonder sa démarche sur les droits de l’homme, les institutions démocratiques, est également un gage d’assurance dans notre façon d’être et de penser. Ne pas vivre en fonction du regard des autres, pour les autres, ne pas dépendre d’eux, et ne pas leur en vouloir s’ils agissent d’une manière ou d’une autre, conditionnés qu’ils sont, nous humanisent (à défaut des autres), nous font cheminer sur le chemin de la sagesse, nous grandissent. Le chemin est chaotique mais apaisant.Mais la solidarité envers nos semblables actuels et à venir, l’expression d’une alternative masculine et humaine, m’animent également pour entreprendre un investissement associatif.  L’on ne peut vivre en autarcie, pour soi-même. Si nos individualités peuvent aider d’autres à vivre mieux, autant agir, autant faire profiter les autres de la liberté vestimentaire à laquelle on a accédé. Une féministe indienne disait être animée, dans sa démarche , par sa volonté d’éveiller les consciences des femmes de son pays. Cet état d’esprit devrait être en fait celui de chaque citoyen : dans une démocratie, l’être humain n’est pas seulement un individu, une entité privée, mais également une entité publique, donc ayant le devoir moral de faire vivre les libertés, sans convertir, mais en montrant qu’autre chose est possible. Libérer les esprits et les corps sans forcer. Telle est en tout cas ma démarche.

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13 Avr 2020 10:47 #8 par Mino
Réponse de Mino sur le sujet Randonnée en jupe
Je suis désolé pour la mauvaise qualité de lecture de mon message précédent (comportant des indications techniques, de mauvais alinéas). J'avais écrit mon texte par un traitement de texte (du fait de sa longueur), mais le "copier-coller" a tout désarticulé...

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13 Avr 2020 11:43 #9 par JMichelSud
Réponse de JMichelSud sur le sujet Randonnée en jupe
Bonjour.
Ce n'est pas catastrophique, la lecture est est assez compréhensible.

Heureusement que toutes les femmes ne sont pas comme ça.

Les homosexuels, les gens de voyages, ont l'esprit plus ouvert que ceux qui ne le sont pas. Si un jour un homme de gens de voyage m'a pris pour un gay, il a compris pourquoi je portais une jupe et que je n'étais pas intéressé par les hommes.

Un soir - vêtu d'une jupe à fleurs - sortant  d'un bar associatif, j'ai entendu "robe" venant de la voix d'une fille. J'ai ainsi fait demi-tour. Cette fille était accompagnée de deux jeunes-hommes et d'un Monsieur plus âgé. Les 4 ont bien accepté ma façon d'être habillé. Nous avons échanger un peu.
Un des jeunes hommes se disant gay avec son copain a dit qu'il faudrait que le port de la jupe par les hommes se démocratise.

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