25 Fév. 2018 Aequitas conférence-débat Aequitas à Paris…  

La conférence-débat aura lieu
le 25 février de 14h à 17h30
Normandy Hotel, 7 rue de l'Echelle à Paris (75001)

Présentation      Vidéo de présentation      Compte-rendu

 

HEJ a reçu ce courrier d'invitation le 3 Janvier 2018 :

… Je suis [] responsable évènement au sein de l’association AEQUITAS (Organisation musulmane Droit/Finance/Affaires Publiques) qui est une jeune structure d’un an regroupant des étudiants et professionnels de ces domaines. [Aequitas sur Facebook]

Nous organisons l’aide à la formation pour les étudiants, et des évènements-débats sur des sujets de société pour sensibiliser nos adhérents et sympathisants aux bénéfices du dialogue et de l’échange, quelque soit le thème abordé.

Notre Bureau National étant composé à 100% de femmes (involontairement!), les récentes affaires nous ont poussé à nous questionner sur le féminisme dans notre société actuelle.

C’est pourquoi nous organisons le 25 février 2018 à Paris une conférence débat sur le thème
« La lutte des genres aura-t-elle lieu? Réflexion sur le féminisme du XXIème siècle ».

En lisant un article de Christine Bard je suis tombée par hasard sur votre association: c'est avec une grande curiosité et intérêt que j'ai parcouru votre site à la découverte des idées novatrices et progressistes que vous défendez.

J’imagine parfaitement à quel point votre emploi du temps doit être chargé, toutefois je tente ma chance en vous demandant si vous souhaiteriez intervenir à notre évènement au sujet des codes vestimentaires concernant les genres, et également du combat égalitaristes que peuvent mener les hommes.

Notre association se veut être un vecteur d’humanisme dans notre pays, et nous sommes persuadés que la pluralité des voix, ainsi que le militantisme pour une égalité et une tolérance complètes seront les clés d’une société apaisée et rayonnante. C’est modestement que nous souhaitons contribuer à cela en faisant vivre les débats de la manière la plus intègre sur le plan intellectuel. Vous recevoir dans ce cadre serait une chance pour beaucoup de comprendre les enjeux de cette question et de les aborder sous un angle nouveau.

Dans l’espoir d’une réponse favorable, je vous adresse mes salutations les plus respectueuses.

Onortokilt, notre secrétaire, a répondu au nom de HEJ qu'il pourra y intervenir.

en réponse, le message suivant le 24 Janvier :

Nous sommes réellement ravis de pouvoir vous compter parmi nous. La conférence se déroulera avec en introduction un rappel historique sur les mouvements féminisme français et internationaux par Mme FRAISSE Geneviève (environ 45 minutes) suivi d'une séance de questions réponses.

Vous aurez la parole à ce moment-là pour une demi-heure: présentation de votre association, de l'enjeu que cela représente dans la société etc. Le débat sera animé par Mme Bey Nadia (animatrice radio et féministe engagée) et il est possible que des journalistes soient présents également.

 

Compte-rendu de la conférence du 25 mars par Onotokilt

 

  Nous étions dans le salon d’un hôtel parisien. Le public, peu nombreux, était majoritairement jeune et féminin. Trois intervenants étaient présents, ainsi qu’une journaliste, Nadia Bey, faisant office d’animatrice.

  Après une introduction du sujet par la présidente d’Aequitas, Assia Ourraoui, la parole est donnée à Mme Geneviève Fraisse, philosophe, historienne du féminisme et directrice de recherche émérite au CNRS. Elle commence par rappeler que les questions d’(in)égalités entre les sexes débutent avec la Querelle des amis (XVIe siècle). En 1673, Poullain de la Barre publie un ouvrage féministe, De l'égalité des sexes, De l'éducation des dames, De l'excellence des hommes, qui mettra plus de trois siècles à être mis en pratique. En effet, avec la Révolution française nait une démocratie exclusive, qui dénie tout droit de citoyenneté aux femmes, tout en les incluant dans la communauté. Ces dernières mirent près de deux siècles pour conquérir l’égalité dont on les avait privées et la faire inscrire dans des lois.

  Actuellement, la disqualification (Mme Fraisse préfère ce terme à celui de discrimination) dont les femmes ont été l’objet a malheureusement toujours cours et elles n’ont pas trouvé de moyens efficaces pour lutter contre ces pratiques. Lorsqu’on l’interroge sur le phénomène Me Too, Mme Fraisse fait remarquer que les femmes qui prennent la parole sont toutes dans une situation financière et sociale qui leur permet de le faire. Selon elle, c’est un prérequis obligatoire pour qu’elles osent dénoncer les excès qu’elles subissent et on ignore donc le nombre d’ouvrières ou employées victimes de tels abus car elles n’ont pas la possibilité de parler.

  C’est ensuite au tour de Patrick Guillot de parler. Président du Groupe d’études sur les sexismes (GES) et écrivain, il se définit comme hoministe, du latin homo : l’humain. Selon lui, parler des violences faites aux femmes est une injustice si on oublie celles faites aux hommes. Il cite ainsi, pour les violences conjugales, 30 décès annuels d’hommes contre cent trente de femmes. Même si M. Guillot se présente comme un défenseur des hommes et des femmes, son intervention le place plutôt en défenseur des hommes par rapport aux femmes, ce qui crée un mauvais climat entre lui et l’assemblée. Concernant l’affaire Weinstein, M. Guillot pense que c’est une horreur, dans son procédé même, parce que, s’appuyant sur une enquête concernant les plaintes du même genre en milieu scolaire, il pense que beaucoup de personnes en profitent pour lancer de fausses accusations, voire régler des comptes. Les idées défendues semblent assez mal accueillies et on sent, dès le départ de la tension dans ses propos, tension qui s’étend au débat.

  Vient ensuite notre tour et il reste peu de temps. Nous avons donc pu présenter rapidement la raison pour laquelle nous promouvons le port de la jupe pour les hommes mais pas de développer pleinement ses liens avec le mouvement féministe, comme son caractère dégradant pour certains esprits, ce qui aurait permis de faire un lien avec l’intervention de Mme Fraisse. Il nous a été posé la même question qu’aux autres intervenants concernant l’affaire Weinstein, sur laquelle l’association HEJ n’a certes pas développé de position officielle mais que ses valeurs place du côté des femmes qui osent parler de ce qu’elles ont vécu. Nous avons pu également aborder les difficultés que nous rencontrons pour porter la jupe dans le milieu de travail, ce qui a été l’objet de la seule question de la part d’une membre de l’assemblée.

  Ce rendez-vous s’est terminé par la traditionnelle photo de famille avec les intervenants et les membres du bureau de l’association Aequitas qui nous avait invité, et un buffet de viennoiseries.